Fable inspirante : l'Équilibriste et la Femme Fleur
Je vous propose une rencontre poétique et philosophique entre deux êtres aux univers contrastés : l'équilibriste, suspendu dans l'incertitude d'un fil tendu au-dessus du vide, et la femme-fleur, enracinée dans la terre, sensible aux cycles de la nature. À travers leur dialogue, un échange profond s'opère, celui d'une quête commune de sens et d'équilibre entre le mouvement incertain et la stabilité contemplative.
JEUNESSEFABLE
1/26/20253 min lire
«Le pont entre deux mondes» – Un dialogue entre l'équilibriste et la femme fleur
L'équilibriste avançait lentement sur son fil tendu entre deux falaises, au-dessus d’un abîme embrumé. Chaque pas était une prière silencieuse, une promesse d’harmonie malgré la menace du vide. Au pied de la falaise, la femme fleur l’observait. Elle se balançait doucement sous la brise, ses pétales frémissant comme un cœur qui bat trop fort.
Femme fleur : Pourquoi t’obstines-tu à marcher sur ce fil ? Tu pourrais tomber. N’as-tu pas peur ?
L’équilibriste : Bien sûr que j’ai peur. Mais je n’ai pas le choix. Le fil est la seule chose qui me relie aux deux rives. Si je reste immobile, je disparais. Et toi, pourquoi restes-tu enracinée ici, à te laisser porter par le vent ?
Femme fleur : Parce que je n’ai pas de fil à suivre. Je ne suis qu’une plante, enracinée dans ma terre. Je ne bouge pas, mais je ressens tout. Le vent, le soleil, la pluie. Parfois, j’envie ton mouvement, cette danse fragile que tu mènes contre le vide.
L’équilibriste : Et moi, parfois, j’envie ta stabilité. Tu as un sol, une certitude. Moi, je flotte entre le tout et le rien, entre l’avant et l’après. Chaque pas pourrait être mon dernier.
La femme fleur leva les yeux vers l’équilibriste. Ses pétales semblaient briller d’une lumière douce, comme si elle contenait en elle un soleil miniature.
Femme fleur : Mais toi, tu avances. Chaque pas, même incertain, te rapproche d’un but. Moi, je reste là à contempler. Je transforme ce que je ressens, je crée des rêves avec le peu que j’ai, mais je ne sais pas où cela me mène.
L’équilibriste : Crois-tu vraiment que je sais où je vais ? Mon fil est une illusion. Il ne mène nulle part, si ce n’est à un autre fil. Mais c’est dans le mouvement que je trouve mon sens. Toi, tu crées un monde avec tes racines. Tu fais naître le beau là où il n’y avait rien. N’est-ce pas là une forme de mouvement ?
La femme fleur réfléchit un instant, ses pétales frissonnant légèrement.
Femme fleur : Peut-être. Mais ce mouvement est si intérieur que j’ai parfois l’impression qu’il n’existe pas. Je rêve de suivre ton fil, de défier le vide, de ressentir l’adrénaline d’un pas incertain.
L’équilibriste : Et moi, je rêve de m’arrêter. De poser mes pieds nus sur une terre douce, de sentir le soleil réchauffer mon dos sans craindre le déséquilibre. Mais peut-être que toi et moi sommes faits pour nous compléter, pas pour nous envier.
Femme fleur : Compléter ?
L’équilibriste : Oui. Tu es l’enracinement, la contemplation. Je suis le mouvement, la tension. Ensemble, nous formons un équilibre. Tu m’apprends à ralentir, à voir le beau dans les détails. Et moi, je te montre que le vertige n’est pas toujours une chute, mais parfois une envolée.
La femme fleur sourit doucement, ses pétales s’ouvrant davantage sous la lumière du crépuscule.
Femme fleur : Peut-être que tu as raison. Peut-être que je suis une équilibreuse à ma manière. Mes racines sont mon fil. Je me tiens en équilibre entre le tangible et l’invisible, entre le rêve et la réalité.
L’équilibriste : Et peut-être que moi, je suis une fleur. Chaque pas que je fais, chaque mouvement, est une manière de semer des graines. Des graines que toi, peut-être, tu feras pousser.
Ils se regardèrent un long moment, un sourire tranquille sur leurs visages.
Femme fleur : Alors, marchons ensemble, chacun à notre manière. Moi, je ferai fleurir le beau. Et toi, tu montreras qu’on peut toujours avancer, même au bord du vide.
L’équilibriste : Oui, et peut-être qu’à force de marcher et de fleurir, nous finirons par transformer cet abîme en un jardin suspendu.
Partant sur cette onde, ils deviennent imperceptibles dans le lointain de la nuit troublante.